Télétravail et handicap : aubaine ou risque d’isolement ?

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En 2020, le télétravail a déferlé dans nos vies. Si certains y voient des avantages indéniables, les travailleurs handicapés appellent à la méfiance car il peut être synonyme d’isolement. Des précautions pour en faire une opportunité ?

Isolement renforcé

Dans une enquête menée par l’Agefiph et l’Ifop, près d’un travailleur handicapé sur deux (45%) placé en télétravail dit s’être senti à l’écart alors que ce taux n’est que de 33% dans la population générale. Cette nuance sur le ressenti du télétravail doit permettre de tirer de grands enseignements, estime François Legrand, chargé d’études Ifop. Il y a en effet un gros écart de perception entre les valides qui s’y disent très favorables (83%) lorsque seulement 65% des travailleurs handicapés y adhèrent, sachant que le télétravail reste l’apanage de certaines catégories socioprofessionnelles. Certains pointent l’apparition de risques psychosociaux et d’une certaine démotivation, redoutant que la société française ne glisse sur la pente dangereuse de la désagrégation sociale. Enfermer les personnes handicapées dans le monde du télétravail pourrait-il encore davantage accentuer des clivages déjà bien ancrés et renforcer leur sentiment d’exclusion ?

Des obstacles nés de l’urgence

Le télétravail : activateur d’inclusion ? était le thème d’une des tables rondes des premières universités d’été du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) fin août 2020. Un sujet bigrement d’actualité ont assuré les intervenants en préambule. Sa commission emploi a planché sur la question admettant que beaucoup de travailleurs ont été poussés vers ce nouveau mode d’organisation de leur activité, bien souvent dans des conditions qui n’ont pu ni être anticipées, ni réfléchies. Certaines personnes ont vu leurs habitudes complétement chamboulées par la disparition soudaine de leur collectif, l’absence de consignes de la hiérarchie en temps réel, au risque, en l’absence de job coaching, de créer des situations d’angoisse. Cette mise à distance a également altéré la communication, possible seulement par téléphone ou en visio, imposant de nouveaux obstacles à certains publics qui ne disposaient pas des outils techniques adaptés. D’autant qu’au moment du déconfinement, on a parfois dit à certains : Restez chez vous, vous êtes fragile, rapporte Marc Desjardins, directeur du FIPHFP (Fonds pour l’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique), or ces travailleurs avaient besoin de retrouver le collectif de travail. Le mot d’ordre : surtout ne pas rompre le lien !

Vers un télétravail choisi

Pour Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, cette organisation durant le confinement était subie, il faut maintenant œuvrer pour un télétravail choisi, notamment pour ceux qui y auraient vu des avantages, comme, par exemple, moins de fatigue. Les études menées sur le télétravail proposent cependant que celui-ci n’excède pas deux ou trois jours par semaine pour limiter l’isolement et la dissension.

Rappelons que l’Agefiph propose des aides exceptionnelles pour permettre l’adaptation du poste de travail au domicile : coût d’un équipement informatique, d’un siège de bureau, de transports, de connexion Internet… À l’inverse, elles ne couvrent pas la mise à disposition du local et des frais liés à cet espace, tels que le chauffage ou l’électricité.

Source : Handicap.fr / E. Dal’Secco. octobre 2020

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